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Il
y a deux sujets qui me passionnent parmi
tant d’autres : l’entreprise
et la lutte contre la pauvreté
en milieu rural et urbain. Le premier
, j’y ai consacré mon expérience
de dirigeant de société
; le deuxième je le mène,
en tant que cadre, avec ma communauté
villageoise de Yacolidabouo, au Sud-ouest
de la Côte-d’ivoire. Mon objectif
: C’est de partager ma vision du
développement, celui de nos communautés
et de nos pays, avec d’abord, mes
frères Ivoiriens et Africains,
et ensuite avec tous ceux qui à
divers niveaux, concourent inlassablement
au développement du continent africain.
Une
réalité me motive dans toutes
ces réflexions : la pauvreté
n’est pas une fatalité. Les
riches d’aujourd’hui sont
des pauvres d’hier. Ce que les Africains
vivent actuellement peut relever, demain
de l’histoire. A condition, bien
sûr, de reconvertir nos mentalités,
de nous organiser plus efficacement et
d’opérer les réformes
et les changements qualitatifs qui s’imposent.
C’est ce chemin qu’ont emprunté
tous ceux qui connaissent le progrès.
Car, on ne se développe pas par
hasard, ni par miracle.
Je
plaide pour une lutte pragmatique et efficace
contre la pauvreté non seulement
en milieu rural mais aussi en ville, dans
le cadre d’un développement
de proximité. A travers l’exemple
de développement communautaire
impulsé par l’Organisation
OUYINE (entendez Solidarité, Entraide)
sous ma direction. J’invite les
pouvoirs publics, les organismes internationaux,
la société civile, les Mutuelles
de développement et les cadres,
ainsi que l’opinion publique africaine,
à une attention plus soutenue à
l’endroit des communautés
rurales et celles qui vivent dans les
quartiers précaires des villes.
La
méthode de gestion communautaire
OUYINE est une sorte de chandelles que
nous allumons, plutôt que de passer
notre temps à maudire les pénombres
de la pauvreté. Je suis sincèrement
persuadé que si dans chacun de
nos huit mille villages de Côte-d’ivoire,
dans de milliers de villages africains,
ainsi que dans les quartiers des villes,
la philosophie qui la sous-tend est partagée
et les actions adaptées à
la culture de chaque peuple, nous ferons
des pas modestes mais qualitatifs et significatifs,
sur le long chemin du développement.
L’expérience de Yacolidabouo
à travers l’Organisation
Ouyiné, est un cas pratique de
gestion d’une communauté
villageoise pour enrayer la pauvreté.
Elle a bouleversé positivement
l’organisation et le fonctionnement
du village dans le sens d’une plus
grande modernité (Eau, Electricité,
infrastructure de santé, de Communication,
de Télécommunication, etc.).
Les premiers résultats de cette
gestion communautaire sont satisfaisants
et le bilan de l’expérience
est encourageant.
C’est
au vu de ses résultats que l’expérience
de gestion communautaire initiée
par l’organisation Ouyiné
à Yacolidabouo pourrait, selon
moi, être tentée dans les
autres communautés rurales et urbaines,
en Côte d’Ivoire et ailleurs
en Afrique. On peut s’interroger,
à priori, sur l’opportunité
de l’application de cette expérience
dans les centres urbains dont la responsabilité
de la gestion incombe aux maires. En Côte
d’Ivoire comme dans les autres pays
africains, tout le monde est d’accord
que malgré l’urbanisation
rapide, de nombreux habitants des villes
ne connaissent pas encore les bienfaits
de la gestion communale. Des quartiers
sont encore sous organisés et ne
bénéficient pas des prestations
municipales classiques ( ramassages des
ordures, renforcement de la sécurité
, entretien de la voirie, etc. ). La tradition
communautaire qui caractérise les
Africains a du mal à survivre à
une modernité mal vécue.
Ce sont autant de lacunes qui doivent
être comblées, afin que les
habitants de nos villes retrouvent la
joie de vivre ensemble, dans un cadre
de vie agréable.
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